Comment captiver votre auditoire ? 10 exercices pour vous aider !

Participant à de nombreux réseaux professionnels et réunions publiques, force est de constater que nombreux « orateurs » ont encore des progrès à faire pour captiver leur auditoire. le côté positif  c’est que pour nous, les Coachs , c’est donc un grand nombre de clients captifs ! Et j’ai la naîveté de croire qu’en vous faisant partager cet article écrit par Eric Coder dans le JDN, je vais attirer de nouveaux clients pour mon offre de service complémentaire !!!

Pour certains donc, s’exprimer devant un public est naturel, pour d’autres mieux vaut s’entraîner !

auditoire

Même les meilleurs orateurs se prennent parfois les pieds dans le tapis. Dès les premières phrases on bute sur un ou deux mots, on balbutie piteusement quelques borborygmes et on se met à bafouiller. On n’arrive tout simplement plus à penser et à parler en même temps, on perd le fil, on s’essouffle alors même qu’on se pique d’être l’un des plus sportif de la boite. C’est la catastrophe face à un auditoire qui devient mal à l’aise devant vos souffrances.

Pour exceller dans l’art du discours, comme tout sportif, il faut savoir s’entraîner, tout en s’amusant et en prenant du plaisir. Il est donc impératif de comprendre l’intérêt de pratiquer ces exercices et de conserver le côté ludique pour trouver des temps de répétition et de préparation. Sinon, on trouve toujours les meilleures excuses du monde pour s’en dispenser… Il faut donc se persuader que la parole « c’est mon métier », que je sois manageur ou simple intervenant à quelques occasions. Un bon discours, une prise de parole percutante, peuvent transformer une vie.

Les exercices de respiration présentés dans ce dossier vont notamment vous permettre de porter votre voix. Car sans voix, pas d’autorité naturelle, pas de leadership. Il est donc prépondérant de posséder un volume sonore suffisant pour tenir une phrase sur sa longueur, sans baisser la voix. Et pour que les cordes vocales restent au diapason, ne forcent pas, c’est un véritable travail sur sa respiration qu’il faut effectuer.

Découvrez les conseils prodigués par Didier Bras, consultant en communication interpersonnelle et intervenant à HEC et par Alain Zaepffel, responsable pédagogique de l’Ecole Arts oratoire, éloquence et rhétorique de Sciences Po Executive Education, professeur au Conservatoire National Supérieur de Paris.

Pour abréger vos tourments, voici 10 exercices incontournables.

 

Exercice N°1 : Travaillez et développez votre souffle en 3 temps

soufflePour travailler son souffle, le premier exercice consiste à s’allonger sur le dos, jambes repliées avec les talons près des fesses. Il faut alors inspirer et expirer lentement jusqu’à ressentir la régularité de sa propre respiration. A cet instant, il faut introduire un « fff » sans serrer la gorge. « L’air est ainsi mis en pression dans le corps, c’est l’énergie phonatoire qui va servir à la production chantée ou parlée », détaille Alain Zaepffel, responsable pédagogique de l’Ecole Arts oratoire, éloquence et rhétorique de Sciences Po Executive Education. Le second exercice s’intitule « l’ascenseur à livre ». Toujours allongé, il faut poser un livre sur sa paroi abdominale et inspirer profondément puis expirer en veillant à ce que l’ouvrage reste en place. Ne jouez pas les bravaches en utilisant un dictionnaire. « Le troisième exercice consiste à se mettre debout, pieds parallèles en veillant à l’alignement de son corps, et à porter son regard à hauteur de l’horizon », explique l’enseignant. Vous allez alors exprimer un petit « hum ».

Exercice N°2 : Respirez avec le ventre

respirerLa respiration ventrale permet de gérer ses émotions, de réduire son rythme cardiaque et d’abaisser la température de son corps quand on a le trac. « Il faut avoir en tête l’image d’un soufflet pour le feu. Quand on appuie sur le soufflet, cela expulse l’air et quand on le relâche l’air entre tout seul », décrit Didier Bras, consultant en communication interpersonnelle et intervenant à HEC. Soufflez ensuite l’intégralité de l’air par la bouche en imaginant que le nombril rejoint la colonne vertébrale. Puis on reste deux secondes en apnée et on relâche tout doucement les abdominaux. Il faut régulièrement souffler sur huit temps (un temps par seconde) avec un même volume d’air, puis deux temps d’apnée et quatre temps où l’air entre tout seul dans les poumons, par séries de cinq. « En comptant les temps, cela permet de faire taire le mental, le petit « moi » jacasseur qui juge et commente avec des messages négatifs », sourit Didier Bras.

 

Exercice N°3 : Entraînez votre bouche ! 

bouchePour la parole, il faut s’entraîner à mâcher quelques syllabes silencieusement, lentement et avec élasticité, comme si l’on avait un chewing-gum imaginaire en bouche. En prenant chaque syllabes d’un texte, les vers de Racine par exemple : « Dans l’Orient désert quel devint mon ennui ». « On mâche cette phrase mais en douceur, sans exagérer.
Ensuite, il faut s’adresser ce texte à nous même comme si l’on s’écrivait une lettre, à mi-voix. Puis on s’adresse à une personne, réelle ou virtuelle, en portant sa voix sur l’horizon », analyse Alain Zaepffel. Sans oublier d’effectuer des roulés de langue derrière les dents, contre le palais, en roulant des « rrrrrr ». Les abdominaux se contractent et expulsent l’air comme une feuille devant un ventilateur. « Cela réactive la préparation de la respiration que l’on a pu faire avant », juge Didier Bras.

 

Exercice N°4 : Répétez des phrases de diction !

dictionOn peut aussi répéter quelques phrases de diction. Une très simple où il est nécessaire de sur-articuler : « Trois très gros rats dans trois très grands trous rongèrent trois très gros grains d’orge » ou « le fisc fixe et exige chaque taxe fixe et excessive exclusivement au luxe et à l’exquis. » Il suffit, selon Didier Bras, de taper « virelangue » sur Internet pour trouver tous les sites rassemblant toutes ces phrases et dans toutes les langues.
Pour Alain Zaepffel, il est préférable de choisir un grand texte classique en prose, de mettre l’accent et de tenter de l’interpréter. Comme les Mémoires d’outre-tombe de Chateaubriand, du Queneau ou de grands discours, par exemples. Au final, grands textes classiques ou phrases tarabiscotées permettent facilement d’acquérir une diction parfaite.

 

Exercice N°5 : Chauffez votre voix !

chauffer la voixOn peut chauffer sa voix en faisant des vocalises et en s’essayant sur les voyelles. « Dans ce cas, il faut partir du « a » le plus grave pour aller jusqu’aux aigus dans une seule expiration. Puis on inspire et on repart dans le sens inverse, de l’aigu vers le grave. Un exercice qui s’effectue sur les cinq premières voyelles et qui permet d’accéder à toutes les intonations de notre voix », explique Didier Bras.
On peut aussi faire la même chose en prenant un mot comme « Antoine », par exemple, en partant du medium puis en montant vers les graves en prenant de l’air à chaque fois. Il faut faire dix graves et dix aigus différents. Cela prend cinq minutes, juste avant de monter sur scène. Mais en pratiquant régulièrement ces exercices, on n’a pas besoin d’y passer beaucoup de temps le jour J.

 

Exercice N°6 : Le stylo dans votre bouche !

Pretty thoughtful blond woman squeezing pen in teethQuand on n’articule pas très bien, généralement c’est parce qu’on n’ose pas ouvrir la bouche et que l’on ne décolle pas les dents du fond. Positionner un stylo dans sa bouche permet de décoller les molaires tout en laissant les dents de devant fermées. « Cela fait donc travailler l’arrière de la mâchoire et en positionnant le stylo avec les extrémités dirigées vers les oreilles, cela nous oblige à sourire », estime Didier Bras.
Quant à Alain Zaepffel, il ne prescrit pas l’exercice du stylo, ni ne le donne en exemple à ses élèves, « car cela peut engendrer des tensions au niveau de la mâchoire et ne fait pas travailler suffisamment le souffle. Cette pratique est plutôt réservée à des personnes qui ont de véritables problèmes d’élocution », dit-il.

 

Exercice N°7 : Forcez votre bonne humeur !

bonne humeurPour répéter ses exercices à l’abri des regards, enfermez-vous dans une salle de repos, un bureau, aux toilettes, pendant 5 à 10 minutes. Commencez par pratiquer un automassage pour vous tonifier les muscles en vous tapant les bras, les mollets,… « Il faut également travailler sur son humeur en pratiquant un truc inhabituel, iconoclaste, comme grimper sur la cuvette des toilettes. Changer de point de vue permet souvent de changer d’état d’esprit », estime Didier Bras.
En arrivant de bonne humeur (si vous vous remémorez la bêtise faite au préalable), le public prend du plaisir à partager votre discours. Dernière astuce : humer les effluves d’un  flacon de parfum permet également de changer d’humeur. Il y a une réaction chimique qui se produit dans le cerveau et qui permet de se transporter dans un autre univers. Etre de bonne humeur quand on a décidé de monter sur scène est une compétence professionnelle.

 

Exercice N°8 : Décontractez tout votre corps !

decontractePhysiquement, il faut arriver à décontracter l’ensemble de son corps. « On commence par s’étirer pour lâcher prise, on secoue son corps, on décoince ses articulations -le cou, les chevilles, les épaules, les hanches, etc., on baille et on pratique la respiration ventrale », explique Didier Bras.
Ne pas hésiter non plus à procéder à quelques exercices pour dynamiser son regard. Il est nécessaire d’avoir un œil mobile et non pas celui d’un poisson mort, sans expressivité. « Il faut faire des pointés-glissés : faire partir les yeux avant de tourner la tête et c’est la tête qui suit les yeux », explique l’expert. Le public voit ainsi le blanc de l’œil et cela établit très vite une complicité, une connivence, avec le public.

Exercice N°9 : Echauffez votre visage !


echauffer
Pour s’échauffer le visage, il faut le tapoter avec le bout des doigts pour le décontracter, le tonifier, et faire des grimaces. Ne pas hésiter également à se rafraîchir le visage, les mains et les avant-bras. La plupart des gens, quand ils entrent en scène, affiche une « poker face ». Ce qui est formidable dans une négociation pour ne pas faire voir ce que l’on a dans son jeu. « Mais en prise de parole, quand on sait que 90 % de la crédibilité d’une communication se lit dans le non verbal, il faut donner à lire à l’assistance. Si l’orateur n’exprime rien, pour le public, c’est suspect : il ne veut pas se livrer, il n’a pas confiance en lui, il se protège, il ment… Tous les messages envoyés sont alors négatifs », souligne Didier Bras. Même si l’on est d’un tempérament introverti, professionnellement il est impératif que le visage soit expressif.

 

Exercice N°10 : Faites des essais sonores !

microAvant de lancer son discours devant l’assemblée, il est préférable d’effectuer un rapide repérage des lieux.Lorsque la salle est encore vide, faites des essais en portant votre voix pour que l’onde sonore vous revienne. Mesurez l’espace en étant attentif aux matériaux : rideaux, bois béton, etc. « De plus, il est nécessaire de se mettre à la place du public en effectuant des essais sonores pour être totalement en phase avec son auditoire et comprendre l’acoustique de la salle », juge Alain Zaepffel.
Enfin, juste avant d’entrer en scène, il faut se tenir droit, tirer ses épaules en arrière en inspirant, puis on relâche un peu les épaules en avant en disant « je m’en fous », afin de relativiser, prendre de la distance », ajoute Didier Bras.

 

Au final, sachez qu’il y a deux éléments qu’on ne vous pardonnera pas  : un manque de compétence lorsque l’on ne connaît pas son sujet et… l’ennui. Mais en aucun cas, vous ne vous sentez pas concerné(e), pas vous… çà se saurait !

Et si on parlait ensemble pour diminuer votre stress ?

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