Comment nourrir Votre Vie plutôt que de la consommer ?

Dans ce pays-là, les femmes avaient toutes ou presque le souci d’un corps mince, ou du moins croyaient-elles en avoir le souci. Très tôt dans leur vie, on leur avait laissé croire qu’il leur fallait un corps élancé, sans excédent de formes et de poids.
Dans ce pays-là, les hommes étaient plus sensibles aux corps des femmes qu’à leur regard, plus touchés par leurs formes que par leur écoute et bien plus attirés par leur présentation que par leur amour.
Note de la Rédaction : Pas de çà chez nous, cela se saurait…..

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Dans ce pays-là, donc, comme vous le sentez bien, régnait le terrorisme des kilos. Une guerre à mort sévissait avec violence chez la plupart des femmes, non pas entre elles, mais à l’intérieur de chacune d’elles.
Guerre sans merci, pour avoir du plus là et là et encore un peu ici. Parfois il arrivait à certaines d’entre elles d’être dépassées par leur propre volume, de se sentir envahies, dépossédées même, par des kilos en trop, mal répartis.
D’autres encore éprouvaient une véritable haine pour ces kilos trop voyants, du mépris et du rejet pour ces plis, cette graisse insolente. Il y avait en elles une violence terrible contre la lourdeur ou la mollesse de leurs fesses, de leur ventre, de leur poitrine.
Le territoire favori de toute cette haine, de toute cette violence, dans ce pays-là, était les salles de bain, les chambres à coucher, les lieux d’intimité, et bien sûr la table en était le champ de combat privilégié !

 

nourrir sa vie Un jour de printemps, dans ce pays-là, une femme décida d’écouter son corps.
« Je ne veux plus passer ma vie à maigrir debout. Je ne veux plus consommer le meilleur de mes énergies pour la peur de manger trop ou pas assez. Je ne veux plus passer des heures vitales à me sentir coupable d’avoir pas assez ou trop, à me sentir redevable de tout. Je ne veux plus passer l’essentiel de mes jours à me demander « pourquoi » je matraque mon corps par tous ces excès de nourriture, de mal-être, dans un sens ou dans l’autre… »

Un autre jour, elle entendit un poète énoncer une phrase simple qui l’éveilla :
« J’ai mis longtemps à découvrir que je pouvais soit nourrir ma vie, soit continuer à la consommer. Je préfère pour ma part la nourrir, ajoutait le poète, en arrêtant de la consommer ». Cette phrase la poursuivit plusieurs jours encore, avant qu’elle ne se l’attribue et en prolonge le sens.
« Mais oui, je passe tellement de temps et d’énergie à nourrir mon corps et je ne sais même pas comment nourrir ma vie ! »

Elle avait enfin compris qu’il n’était plus nécessaire de nourrir son corps pour survivre, pour faire le poids. Qu’il n’était plus souhaitable de faire outrage à son corps, qu’il n’était pas indispensable d’avoir à son égard honte, colère et tristesse. Qu’le pouvait croquer sa vie à pleines dents, sans que son corps se sente obligé de faire contrepoids. Qu’elle pouvait consommer du bonheur, le bonheur d’être entière et vivante.
Le soir même, elle invita sa propre Vie à sa table : « Ma vie, je t’invite ce soir tu es mon invitée d’honneur. »

nourrir sa vie 6Elle mit sa plus belle nappe, deux assiettes, deux couverts, deux verres, deux bougies et prépara un excellent repas. Elle servit l’assiette de sa Vie en premier, délicatement, en choisissant les morceaux, en soignant la présentation, puis elle jeta à son habitude la nourriture dans son assiette à elle, l’assiette de son corps… Elle prit sa fourchette, piqua, ouvrit la bouche…. Allait enfourner le tout… quand elle se ressaisit et mangea en entier, avec plaisir, l’assiette…de sa Vie.

 A partir de cette expérience, tout se transforma dans son existence. Et si vous, vous avez envie de transformer votre Vie, alors je vous invite à ce que, ensemble, nous définissions quelle transformation pour quel objectif avec quelles actions, pour qu’enfin vous meniez Votre Vie telle que vous la souhaitez.

Texte tiré du livre de Jacques Salomé « Contes à guérir, contes à grandir »

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